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Photos

Ara devant l'atelier Tempête 2009, à Ouchy Installation d'un bout-dehors Tempête 2009, à Vevey 2 Léman - Avril 2009 - 6 Le pont d'Ara

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Volja – Primaat (1969)

Volja

Patron : Emmanuel Jung

Ce Primaat (Plan Van de Stadt 1963) a été construit en 1969 par un charpentier de marine hollandais qui l’a baptisé Dolfijn (Dauphin en néerlandais).

L’ensemble de la déco (équipets, rideaux, coussins, …) représente des dauphins.Même le spi arbore ce magnifique et sympathique mammifère marin.Il a été rebaptisé Regatta par son troisième propriétaire, puis a retrouvé son nom Dolfijn en 1997.

Dolfijn, devenu volja

Dolfijn, devenu volja

J’ai décidé de l’appeler volja, ce qui signifie « liberté » et « grands espaces ».Mais je conserve les dauphins à bord ! Le site www.primaat.fr lui est en partie dédié, mais il fait la part belle aux autres Primaat de la série et à son cousin le ZS710.

Emmanue

Simoun – Moucheron (1941)

Simoun

Patron : Jean-François Trainy, président de l’AVAL

Le « Moucheron SNS » (pour Série Nationale Suisse ») est un plan signé Henry COPPONEX à Paris en 1934, alors que le futur célèbre architecte et régatier y terminait ses études.

Si d’aucuns y voient des lignes inspirées du 6,50 SI « Aigrette III », gageons que notre homme aura vu régater les petits bateaux de la Seine, dont les « Chats » de Gaston Grenier (plan de 1921).

Le Moucheron est un quillard (5.30 X 1.60 X 0.90 mètres) qui porte environ 15 m² de toile au près et… un spinnaker au portant!

Les 35 bateaux produits entre 1935 et 1950 étaient destinés à l’initiation des jeunes. Ils ont été remplacés à partir de 1950 par les « 15 SNS » plus performants (plan Amiguet de 1933, dont Henri Copponex dessinera la plupart des unités à partir de 1950!)

Notre Moucheron, le n°18 (même s’il porte le N° de voile…8) a été construit en 1941 aux Chantiers Bessert et Angeli à Genève, qui ont construit beaucoup de plan Copponex, y compris des « 30 mètres Suédois ».

« Simoun » est son nom de baptême d’origine et c’est lui qui figure en photo sur le mural du Musée du Léman présentant les séries historiques des bateaux de notre Lac.

Il a été « découvert » en 2003 sur les bords du lac à Chens sur Léman, précisément au « port des pêcheurs », fief de la famille Carraud.

Débâché depuis longtemps, le bateau était plein de feuilles transformées en terreau dans lequel les ronces avaient pris racine…

Simoun

Simoun

Pont en contreplaqué pourri, étrave disloquée, bordés de fond, varangues, pas mal de membrures, et surtout quille à changer. Le bateau, stocké dans la pente menant au lac, avait vu son arrière tribord déformé par l’eau stagnante… Voilà pour le constat… Pas terrible!

Mais quelle ligne magnifique pour ce petit quillard correspondant parfaitement à une utilisation en « day-boat » en sortie d’un petit port tranquille avec ses 90 cm de tirant d’eau…

Et puis, « le cœur a ses raisons que la raison ne commande pas ». Aïe!

Voilà comment on se lance dans une restauration de plusieurs années, entrecoupée par des périodes de grand calme comme par exemple la création d’une association: « l’Atelier des Voiles d’Antan »…

Jean Chouan – 6.50 SI (1927)

Jean Chouan

Patron : Patrick Coeurdane

Après 22 mois de travaux, Jean Chouan s’est ébroué au large de Chens. Voici quelques belles photos prises de l’appontement CGN de Tougues à Chens sur Léman, dimanche 11 Octobre 2009 par bon vent d’Ouest force 3 montant à 4 au retour vers Nernier. Nous avons gardé le génois; le foc était resté dans le coffre de la voiture de Patrick…  Après tout, ce n’est pas tout les jours qu’on peut avoir 47 m² de linge au dessus de la tête.

jean Chouan 11 oct

Moralité: … Il faudrait toujours avoir un bon photographe sous la main pour immortaliser ces moments-là !

Retrouvez ici les photos prises par Moustik.

Jean Chouan

Jean Chouan

Villanelle – Corsaire Meulan (1964)

Villanelle

Patron : Yves Jeanne

Le Corsaire a été dessiné en 1953 par Jean-Jacques Herbulot, architecte et régatier hors pair (plusieurs participations aux jeux olympiques en Star), à la demande de Philippe Viannay, créateur du Centre Nautique des Glénans qui cherchait un bateau d’initiation à la croisière.

Dès sa sortie, en 1954, il connaît un succès considérable. Dériveur lesté en contre plaqué, c’est un excellent bateau d’initiation -et plus si affinités- dont les qualités marines exceptionnelles séduisent immédiatement. De plus son mode de fabrication permettait de le proposer à un prix défiant toute concurrence. Il participe activement à la démocratisation de la croisière et l’on pouvait, dans les années soixante, acheter son Corsaire Au Bazar de l’Hôtel de Ville ou à la Samaritaine !

Sa longévité n’a pas d’équivalent : Présent à tous les salons nautiques de Paris depuis sa création, il est toujours construit (en polyester mais aussi en bois) en France et en Suisse.

Plus de 4000 ont été construits par différents chantiers (Bonnin, Craff, Meulan, Yorc) dont plus de 800 en Suisse au chantier Amiguet qui fêtera cette année le cinquantième anniversaire du premier Corsaire Suisse !

L’AS Corsaire France compte aujourd’hui environ 300 membres et organise chaque année un championnat qui rassemble régulièrement une cinquantaine de bateaux.

Villanelle

Villanelle

Villanelle est un Corsaire construit aux chantiers de Meulan en 1964 et acheté au BHV ! Il est conservé dans son état d’origine (espars en bois) mais a fait, en matière d’accastillage, quelques concessions à la modernité.

Lisa – 15m SNS (1943)

Lisa

Patron : Adrian Holloway

Le bateau Lisa a été mis en circulation en 1943 et construit dans le chantier naval de Corsier-Port selon un plan Copponex.

Lisa

Lisa

Son premier nom était Mouette, son dernier nom Lisa. Je l’ai acheté en mai 2007 et il est en restauration depuis novembre 2007. Le but étant de changer 10 tacons, 8 varangues, 25 membrures, de refaire le tableau arrière et de  supprimer des parties du pont qui ne sont pas conformes au bateau d’origine.

La particularité du bateau est qu’il ne bénéficie pas de certificat de jauge en l’état de mes recherches en dépit du fait qu’il ait participé à de nombreuses régates avec ses anciens propriétaires.

Lisa

Lisa

Je serais ravi d’en connaître plus sur mon bateau et je répondrai avec plaisir à toute personne disposant de plus de renseignement.

Adrian +4178 605 33 96

ARA - 6.50 Si (1928)

Ara

Patron :

Quillard de la série des 6.50 SI ( « 6 mètres 50 de la Série Internationale », aussi appelés « 6.5″ ), initiée dès 1907 par le Cercle de Voile de Paris en réaction à la « Jauge Internationale » de 1906.

Guidon du cvp

Guidon du CVP

La fameuse « JI » donnait des bateaux étroits, lourds et profonds à la mode anglaise avec des coques en forme chères à construire et à entretenir, et nettement moins fins à barrer que les voiliers de la Jauge Française de 1892, dite « Jauge Godinet ».

Un groupe de régatier se réunit donc: « Il nous faut des bateaux marins, vifs et plaisants à barrer, pas trop chers, et surtout transportables pour aller régater sur tous les plans d’eau d’Europe… »

Transportables? Impensable de tracter un bateau avec les toutes nouvelles automobiles, mais quelle est donc la longueur d’une plateforme de chemin-de-fer?

6,50 mètres… Qu’à cela ne tienne: La jauge de nos bateaux imposera donc une longueur de… 6,50 mètres et tant qu’à faire un mat de 13 mètres en deux parties, d’abord houari, puis marconi manchonné, toujours pour le transport!

C’est ainsi qu’est née la série dite « Chemin de Fer » qui sera reconnue « Série Internationale » en Octobre 1919: Avec plusieurs centaines de bateaux construits, les autorités du yachting international n’avaient plus le choix…

L’association internationale des 6.5m S.I. propose bien d’autres informations sur son site.

Au mois de Mars 2008, nous apprenons qu’une coque de 6.5 SI traîne sur le parking d’un chantier à Thonon-Les-Bains. Contact est pris avec Jean-Pierre Donna qui est prêt à nous donner le bateau contre bons soins, puis c’est Patrick Fisher, petit fils du premier propriétaire, que nous rencontrons au mois de Juin et qui nous donne les documents conservés depuis l’origine par sa famille…

Enfin le 9 Septembre 2008 au matin, Ara quitte le chantier pour sa nouvelle demeure: l’atelier de l’AVAL. Merci à Philippe Ségurey de Pro-Yachting pour son aide et la gratuité de ses prestations pour le grutage et la mise sur remorque du bateau.

Ara avait été commandé au Chantier de La Hève au Havre par Monsieur Paul Vignet, un riche soyeux Lyonnais possédant une belle propriété les pieds dans l’eau juste au sud du port de Thonon-Les-Bains. Il a été mis en livraison de 24 Août 1928… par le train (!) avec une lettre d’accompagnement signée de Monsieur Pierre Arbaut, propriétaire et principal architecte du Chantier de la Hève (Voir les documents en .pdf)

Pourquoi être allé commander un bateau si loin? Mystère. Il y avait d’autres constructeurs de renom bien plus près en Suisse, ou encore dans le Sud-ouest ou sur la Côte Méditerranéenne…

Peut-être est-ce lié au dynamisme de la Baie de Seine à cette époque?

Chats, Camins et surtout 12 m² du Havre y régataient depuis déjà pas mal de temps…

Dans son courrier, Pierre Arbaut s’excuse du retard de la livraison : quand on met à l’eau le 21 Avril 1928 le célèbre 8 mètres JI « AILE VI » à Mme Virginie Hériot, qui sera le premier bateau français à être à la fois champion du monde et champion olympique, qui plus est skippé par une yachtwomen d’exception – également une première!

La finition des « petits » 6.5 des clients lointains peut bien attendre un peu…

En effet, contrairement au « 6.50 mètres SI » dont la coque mesure 6.50 mètres de long, ce « 8 mètres JI » mesure en toute logique (!) 14,40 mètres: Le « 8″ n’est qu’une formule de jauge…

Une petite parenthèse dans l’histoire de l’Ara, ce n’est pas tous les jours qu’on croise un destin!

Le site http://mapage.noos.fr/shv2/virginie-heriot.htm et notre page sont consacrés à la grande Dame

Virginie HERIOT et l'équipage des Jeux Olympiques d'Amsterdam en 1928 sur le 8mJI "AILE VI" Collection Société des Régates du Havre

Virginie HERIOT et l'équipage des Jeux Olympiques d'Amsterdam en 1928 sur le 8mJI "AILE VI" Collection Société des Régates du Havre

Le chantier de La Hève semble avoir pour marque de fabrique une construction très légère avec des bordés fins (10 à 12mm, ce n’est pas beaucoup sur un 6.5!) sur membrures multiples, des varangues métalliques, une quille très droite (que ne renieraient pas certains bateaux de travail bretons) et un retour de galbord très prononcé donnant des fonds très creux qui, s’ils sont liés à la jauge sur un Métrique, sont plus surprenants sur un 6.5 SI.

Pour gagner, l’Aile VI, trop léger et qui cassait ses mats comme des allumettes devra traverser la Manche pour aller prendre quelques kilos chez le Charles Nicholson lui-même qui fiabilisera également son gréement…

Nous avons à l’AVAL un autre 6.5 SI qui a fait le même voyage pour les mêmes raisons… Mais c’est une autres histoire à lire sous la rubrique « Jean-Chouan »!

Le monde est parfois vraiment petit…

La suite de l’histoire d’Ara se résume à 50 ans de régates aux mains de Monsieur Paul Vignet puis de sa fille.

Au début des années 1980, Ara est vendu car Patrick Fisher, petit fils de Paul Vignet, régate sur des 6.5 plus récents comme le Vinh-Long, avant d’acquérir un Toucan, bel exemple de monotype purement lémanique.. http://www.toucan.ch/le-toucan/caracteristiques/index.lbl

Le bateau passe entre plusieurs mains, l’accastillage est démonté et… perdu. On le retrouve suspendu dans un hangar du chantier Servoz à Lugrin, puis, au début des années 1990 abrité chez Yachting74, devenu Pro-Yachting en 2006, et chez qui nous l’avons trouvé.

Le pont en sapin entoilé et les plat-bord en acajou sont pourris, les membrures ployées torturées par le retour de galbord très prononcé sont toutes à changer sous le cockpit, quelques varangues métalliques (si on peut appeler « varangue » un U ouvert et sans renfort!) sont à refaire, le marsouin et les clores de fond sont pourris, de même que la jonction entre l’étambot et l’allonge de voûte arrière qui a souffert du passage du tube de jaumière et de longues années à l’abandon dehors…

Mais, de façon très surprenante, l’ensemble des bordés est en très bon état: Le gros du travail se situe donc au niveau de la charpente axiale (liaison quille/marsouin/étambot/allonge), des membrures ployées et du pont. Ce qui est déjà pas mal…

Le mat bois qu’on croyait perdu était… suspendu dans un recoin du chantier. Pensez donc, un mat de 13 mètres, c’est si facile à cacher!

La suite a déjà commencé… à l’atelier et en images…

En aparté de la « grande » histoire, il est des choses surprenantes, comme le fait que ni la construction, ni la mise à l’eau de l’Ara n’aient été mentionnées dans l’hebdomadaire « Le Yacht » qui est pourtant rempli de ce genre d’anecdotes…

On sait que Gaston Grenier (à qui on doit les « Chats » en 1921 et quelques « 12 m² du Havre », entre autres), correspondant du « Yacht » pour la Baie de Seine et qui avait travaillé pour le chantier de la Hève n’aimait pas Pierre Arbaut.

Il lui reprochait de s’être attribué la paternité de certains de ses plans en tant que principal architecte et propriétaire du chantier… Pas cool, comme on dirait maintenant…

De là à trouver une raison au silence du « Yacht » sur beaucoup de productions du Chantier de la Hève et de Pierre Arbaut, il n’y a qu’un pas: Il y a des vendettas qui laissent des traces, même 80 ans après!