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Treuil dérive Bélouga Léman - Avril 2009 - 6 Ara - Quelle ligne ! Ara devant l'atelier Tempête 2009, à Morges Tempête 2009, à Vevey 2

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Un canot pour un projet associatif

C’est la deuxième fois que notre association déroge à la règle qui veut que tout bateau qui rentre dans nos locaux ait un propriétaire, y compris ceux qu’on nous donne et que nous ne reprenons qu’après avoir trouvé un passionné susceptible de mener à bien la restauration qui lui permettra d’avoir une seconde vie.

Des « tas de planches » qui pourrissent aux quatre coins du Léman et d’ailleurs, il y en a beaucoup, beaucoup plus malheureusement que de bras pour les refaire et les entretenir…

La première exception est le 6.50 SI « Ara », construit en 1928 au Havre pour Paul Vignet président du SNLF de Thonon, qu’il fallait mettre à l’abri d’urgence (10 ans sur un parking!) et dont nous avons tous les documents d’époque.

Ara, 6.5 SI de Thonon

Le bateau a été mis au sec et stabilisé (ponçage, décapage et traitement anti-fongique) et il attend sereinement désormais une équipe de deux ou trois passionnés pour être restauré.

Arrivée d'Ara à l'AVAL

Mais revenons au canot qui nous occupe!

Fin Janvier 2010, j’apprends par Jean-François Andrier, membre de la commission technique de l’AVAL, qu’il y aurait un canot à récupérer à Mésinges. Rendez-vous est pris avec son propriétaire Vincent Buisson qui veut nous le donner pour une première visite sur place…

Si, si c'est un canot!

Et on voit que l’amour des bateaux bois mène à beaucoup de choses:

Culture cynématographique… Ooookai!

Ce nom me dit quelque chose...

Spéléologie…

Il y a des courbes cassées sur tribord

Et oui, il a fallu passer entre le « char » agricole sur lequel le canot est posé et la bâche…

Le 28 Mars 2010, les membres de l’association se retrouvent nombreux pour un peu d’exercice:

Culture physique… Une, deux…

On débache!

Matelotage…

On débache toujours...

Examen médical…

La barque enfin...

Le canot est en acajou, il mesure 5.25 mètres de long, et autant qu’on peut le voir, il s’agit vraisemblablement d’une construction Quiblier à Coudrée (Sciez)

Mauvaises surprises... comme toujours.

L’examen laisse d’ailleurs prévoir quelques séances de remise en forme. Comme d’habitude avec les bateaux qu’on nous donne!

Culture physique toujours…

Retourné et sur la remorque

Vous avez raté le meilleur: Le salto arrière carpé pour passer le canot du char agricole sur la remorque: Il y avait besoin de bras et le photographe a été mis à contribution!

… Mais après tout, vous n’aviez qu’à être là!  Et il n’est pas trop tard: Il y en aura d’autres…

Et hop! En place...

Vincent Buisson nous fait don également d’une yole stockée dans son atelier depuis fort fort longtemps (et qui avait dû connaître une vie trépidante avant!)

Tétris…

La yole sur le canot: Jeu de constructions...

Le transport s’est bien passé…

Le canot et la yole arrivent à l’atelier.

Spéléologie!

Expertise de la yole

La yole n’est définitivement pas récupérable, mais ça ne nous empêche pas de remettre en place son accastillage et sa structure pour comprendre sa construction…

Le canot rejoint son emplacement

La barque à l'atelier

Et dans les semaines qui suivent, les travaux commencent: Priorité au démontage et au décapage pour faire le bilan des travaux à effectuer.

Démontage du carque (pont avant) et des bancs

La gueule grande ouverte: Le canot, bien sûr!

Décapage des (nombreuses) couches de peinture…

Les travaux, organisés de main de maître par Pierrot et Michel, donnent le bilan suivant:

Partie avant seine, ce qui n’est pas évident avec un coffre fermé source de condensation. Seuls la préceinte (bordé du haut) et le plat bord ont souffert du reclouage du pont (à tribord) et de la jonction mal faite avec le brise-lames des deux côtés. On le voit très bien sur la photo ci-dessous, il y aura un peu de bois à refaire…

Partie avant fin Mai 2010

Dans les fonds, il y a une douzaine de courbes (membrures) à changer, principalement à l’arrière tribord, ce que nous avions vu dès le début. Deux varangues de fond sont à refaire, toujours à l’arrière, ainsi que tout ou partie de deux bordés de coque.

Partie arrière fin Mai 2010

Le but étant de transformer ce canot du Léman en chaloupe (canot gréé), avec une voile latine ou aurique, le trou visible à tribord dans le galbord et le ribord (les deux bordés longeant la quille) n’est pas un problème: Il va nous falloir construire un puits de dérive qui sera latéral à la quille car celle-ci ne mesure que 7 cm de large. Et devinez quoi? Le trou dans les bordés est pile poil au bon endroit!

Il est en effet périlleux de passer la dérive dans une fente à travers une quille de moins de 10 cm, ou alors cela nécessite des travaux de renfort que nous ne souhaitons pas entreprendre pour ce projet. Par ailleurs, de nombreux canots gréés, y compris construits ou transformés par des professionnels, bénéficient sur le Léman d’un montage à dérive latérale et non à travers la quille sans que cela nuise en rien à leurs performances.

Vue d'ensemble à fin Mai 2010

Les travaux sont interrompus pour la saison d’été, le temps de naviguer un peu, et aussi de prendre contact avec Noël Charmillot, mémoire vivante des vieux gréements du Léman et Jean-Philippe « Mayu » Mayerat, le pape des canots, afin de finaliser nos options (taille de la dérive, surface et type de la grand voile…)

La reconstruction reprendra dès cet automne, et si vous êtes intéressés par ce type de projet, faites-vous connaître: Nous sommes preneurs de toutes les bonnes volontés.

Il y a, par ailleurs, beaucoup d’autres canots à sauver et j’en connais personnellement 2 ou 3 qui ne demandent qu’à être restaurés par un amoureux du bois motivé, si vous préférez travailler à titre individuel…

Et comme on m’a appris que pour bien vendre un projet, il fallait faire rêver, voici une dernière image…

Quoi de plus beau qu'une Chaloupe du Léman?

JF Traini


Un 20 m² "Encouragement" rejoint l'AVAL

… Dis papa, c’est quoi un 20 m² « Encouragement »?

Un « 20 m² Encouragement », c’est ça…

Profil de la bête rare

Petit rappel historique: Le 20 m² « Encouragement » est un dériveur lourd (environ 500 Kg) dont le plan a été commandité à l’architecte naval Alfred Amiguet (père également de la série des quillards « 15 SNS ») dans les années 1930 par la « Société encouragement à la Navigation de Genève » qui cherchait à remplacer ses dériveurs de 15 m² « O » par un bateau plus performant…

… Dis papa, c’est quoi un « 15 m² O »…  Quelqu’un sait-il si un de ces bateaux existe encore par miracle?

Le « 20 m² Encouragement » portera un « E » dans sa grand-voile pour le différencier des 15 « O ». Il mesure 6.00 mètres de long pour 1.90 mètres au maître bau, gage d’une bonne stabilité.

Et de la stabilité, il en faut pour « encaisser » la voilure de 20 m²  qui est mesurée selon les critères de l’époque, c’est à dire à partir de la somme des triangles avant (foc) et arrière (grand-voile) sans tenir compte, ni du recouvrement du génois (mis à l’honneur au début des années 1930 par un certain Manfred Curry), ni du rond de chute de la grand voile.

La hauteur du mat laisse imaginer la puissance du gréement:

Je rappelle juste que la coque fait… 6 mètres de long!

La Société d’Encouragement à la Navigation de Genève » fusionnera plus tard avec le CVSNG, la fameuse « Société Nautique de Genève ». Quant à Amiguet, constructeur agréé pour la Suisse du Célèbre « Corsaire » d’Herbulot à partir de 1959, il se consacrera à la construction de ces petites unités.

http://www.minicroiseur.fr/savoir-plus/chantier-naval-corsaire-amiguet.php

Le « 20 mètres Encouragement » (C’est comme ça qu’on les appelle) qui nous intéresse a été commandé au chantier Quiblier de Coudrée (Sciez), grand spécialiste des canots* du Léman, par les frères Charleux, tous deux médecins à Annemasse en 1953.

Baptisé « Pschitt » du nom de la limonade du groupe Perrier commercialisée la même année, il deviendra vite le cauchemar des chaloupes* basées comme lui dans le port de Nernier: Saint-Yves (canot gréé), Loup, Aile…

Racheté en 1970 par Roland Ehrer pour le prix d’un 4.70 neuf (!!!), le bateau est rebaptisé d’un sans doute présomptueux « Eole », ce qui ne doit pas plaire au dieu des vents, car il est pris dans le même « Coup de Joran » du 7 Août 1970 qui coûtera la vie à 7 passagers de la Sainte Odile devant Yvoire et nous vaudra la mise en place du système de feux d’alerte toujours en vigueur aujourd’hui.

Plus chanceux que les malheureux,  Roland n’y perdra qu’un bout de son mat, sa grand-voile (retrouvée en vieux stock neuf chez Fragnières!), un peu d’amour propre, et… sa copine de l’époque qui a jugé ce jour là,  après une baignade forcée dans le Léman en furie, que femme de marin (même d’eau douce), ou pire, équipière, n’était définitivement pas sa vocation…

Le bateau est alors doté d’un puits de dérive inox pour remplacer l’acier d’origine pourri, d’un pont en contreplaqué et le haut du mat est réparé.

De 1980 à 2000, il est ensuite remisé pour cause de vie professionnelle trépidante et de construction d’une belle maison, avant de ressortir de l’oubli en 2003, histoire de gagner deux fois de suite la catégorie « Cruisers » de la Classique de Sciez devant du très beau linge, prouvant ainsi dans son lieu d’origine qu’il est toujours aussi fringant!

L’age arrivant, Roland cède le bateau fin Avril 2010 au président de l’AVAL et notre « Pschitt », qui a retrouvé son nom d’origine, rentre à l’atelier le 15 Mai pour un bilan complet:

- Il y a une varangue pourrie

- La dérive coince en passant à travers la quille

- les bordés de fond sont très ouverts

La dérive et son puits sont donc démontés avec un peu d’appréhension, car il est dit qu’un bateau bois pourrit par les trous qu’on fait dedans, et là, c’en est un beau!

En fait, la quille n’est pas pourrie, mais fendue sur tout le côté bâbord sous le puits de dérive, et elle l’était déjà lors du changement du puits, comme l’indique le mastic polyuréthane qu’on retrouve dans les fentes. C’est également pour ça que les traditionnels tire-fonds ont été remplacés par des disgracieux boulons « 6 pans » traversants.

Que dire également de l’hydrodynamique des têtes de boulons dépassant sous la coque? Un bateau rapide… même avec le frein à main serré!

La quille va être recollée et renforcée, puis la coque sera retournée et poncée avant la pose de flipots dans les œuvres vives. Un pseudo spécialiste (!) ayant conseillé au précédent propriétaire de calfater ses coutures de bordés au Sintobois (r), ce mastic dur et incompatible avec le bois marin (on ne le répètera jamais assez!), ceux-ci sont déformés au niveau des points de contact et nécessitent donc un flipotage.

La suite au prochain numéro: En attendant, allez donc boire une bonne… limonade!

Les photos sont disponible au format d’origine ici:

http://picasaweb.google.com/AVALeman/20MEncouragementPschitt#

*canot (du Léman): barque de plaisance ou de pêche respectivement en acajou ou en mélèze

*chaloupe: canot gréé, donc presque tout ce qui flotte avec une voile, excepté les

* Barques (de Meillerie): Grands bateaux de travail à deux mats et voiles latines, mesurant environ 30 mètres. Seuls trois exemplaires demeurent: La Vaudoise (1932), La Savoie (reconstruction, 2000) et la Neptune (1904).

JF Traini

Le "TIOLU" à l'AVAL

Mais qu’est-ce qu’un « Tiolu » ?

Certes, ce n’est pas le Dahu, célèbre animal de nos montagnes…

http://envoiedugros.fr/index2.htm

« Au bord du Lac. Quand chante l’oiseau du temps de Mars, le tiolu, avec ses trois notes modulées. Qui sont tout le printemps déjà: ti-ti-ta. On sortait alors les barques… » (A la recherche du rameau d’or – Georges HALDAS)

Ce bel oiseau annonciateur de printemps est donc venu nicher sous notre hangar de Messery… Et quel oiseau!

Un beau profil

Un beau profil

Fabriqué par le chantier Georges « Kim » DÜRR à Port-Choiseul (Versoix) en 1976, le voilier n°1 de la série « Oregon »
Ça ne s’invente pas: Baptiser une série de bateaux bois du nom du leader mondial des… chaînes de tronçonneuses…

Heureusement, son premier propriétaire va le baptiser du nom du petit oiseau des bords du Léman: Il devient donc Le Tiolu.

Belle étrave

De dimensions respectables… 11 mètres de long x 2.70 mètres de large au maître bau, notre oiseau, léger comme une plume – il annonce « seulement » 3200 kg sur la balance – va immédiatement briller en régate.

Il faut dire que, si ses formes ne lui permettent pas le planning au portant, le plus grande partie de son poids est située dans le lest car il est construit en trois plis d’acajou sur une structure en porque innovante et solide.

la voûte arrière du Tiolu

Cette construction « raide à la toile » lui permet de porter un plumage impressionnant sur un mat à trois étages de barres de flèche!

Cela donnera l’envie au chantier Luthi de fabriquer deux (ou trois, selon les sources) autres bateaux sur le même moule, dont un appartiendra au célèbre navigateur lémanique Pierre FEHLMANN

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Fehlmann

La série prendra le nom du premier bateau. Nous hébergeons donc LE Tiolu n°1…

Un bel oiseau et une bête de course

Un bel oiseau et une belle bête de course!

Son propriétaire actuel, Yannick PLAISANCE (un nom prédestiné s’il en est!) a participé à l’épopée du catamaran « Babouche » parti en 2006 découvrir le fameux « passage du Nord-Ouest » du côté de chez les Esquimaux…http://www.babouche-expe.eu/presentation.html
C’était lui le peintre du bateau : Du bel ouvrage !
Aujourd’hui éducateur spécialisé à Genève, il destine le « Tiolu » à faire naviguer des enfants handicapés. Bravo Yannick et bon courage pour les travaux de restauration…

Baladin - Dragon

Baladin

Patron : Alain Guer

Baladin

50ème Corsaire - Bouveret

Retrouvez ici le récit de la participation d’Yves à cet anniversaire historique !

50ème Corsaire – Bouveret

Endrick – 7 m JI plan Fife – 1912

Endrick

Patron : Liliane Béchard

Le 7 Mètre JI Endrick, plan William Fife, est un bateau légendaire du Léman, un des rares 7 Mètre encore en état de naviguer.

Endrick - Photo Gilles Favez

Endrick - Photo Gilles Favez

Propriété depuis bientôt quarante ans de Claude et Liliane Béchard, il est ici saisi lors de la régate des Vieux Bateaux avec Daniel Charles comme équipier (sous le vent).

Quelques astuces pour Bélouga

J’étais présent à la manifestation des Vieux Safrans d’Annecy à l’occasion de la journée du Patrimoine 2009.

J’en ai profité pour regarder les aménagements des Bélougas présents, ce qui m’a donné des idées pour le mien, à réaliser cet hiver ?

F. Soulié

Kajou – Bélouga

Le Bélouga

Patron : François Soulié

Le Bélouga à l'atelier

Le Bélouga à l'atelier

Le Magnifique – Vouga

Le Magnifique

Patron : Heidi Ducas

Le Magnifique

Le Magnifique

Et vous pouvez retrouver une vidéo historique d’un reportage réalisé en 1971 par la TSR sur http://archives.tsr.ch/dossier-voile/voile-lemagnifique

Troy – Canoë ROCCA (1950)

Troy

Patron : Paul Loridant

Canoë ROCCA de 1950, en accajou, longueur = 4,98 m.

Troy, Alain et Jean-François à l'atelier

Troy, Paul et Jean-François à l'atelier